Château La Louvière 2006

Château La Louvière 2006

Pessac-Léognan Rouge - 13°

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Cépage

64 % Cabernet Sauvignon, 30 % Merlot, 3 % Cabernet Franc et 3 % Petit Verdot

Commentaires de dégustation

Son rouge violacé sombre et profond impose le respect et témoigne de sa jeunesse
Un nez très complexe de fruit rouge et fruit noir (mûre, cassis)
Les notes boisées, épicées (poivre, réglisse, cannelle, vanille) sont raffinées et élégantes
Dès son attaque, on devine le vin complet, équilibré, d'une structure très élégante
On retrouve le boisé grillé et toasté ainsi que les fruits rouges du nez
Ce vin riche est très long.

Présentation

En l'an de grâce 1476, la forêt parcourue par des hordes de loups occupait la quasi-totalité de la paroisse de Léognan. Mais, au lieu-dit "La Lobeyra" (La Louvière), l'homme avait défriché une vaste clairière et s'était lancé dans la grande aventure viticole. La production était à cette époque encore réduite, de l'ordre de quelques dizaines de barriques, mais la qualité des vins produits était déjà reconnue.

Entre 1510 et 1550, Pierre de Guilloche, puis son fils Jean, se lancèrent dans de vastes opérations foncières : achats, échanges de parcelles se succédèrent. Ces importants remembrements autour de la maison noble de La Louvière, semblable alors à un modeste castel orné de plusieurs tours, furent à l'origine du domaine que nous connaissons aujourd'hui.

Héritière de la maison de Guilloche, la dame de Roquetaillade vendit la Louvière en 1618 à Arnaud de Gascq, abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Ferme.

Mais, incapable de remettre en état cette propriété, ce dernier en fit don le 28 avril 1620 à la Chartreuse Notre-Dame de Miséricorde de Bordeaux. La grande rigueur de cet ordre religieux et une gestion des plus méticuleuses vinrent rapidement à bout de la plupart des problèmes rencontrés jusqu'alors. La Louvière revivait enfin !

Bénéficiant en ce début du XVIIe siècle d'une conjoncture particulièrement favorable au développement de l'activité viticole, nos religieux apportèrent une attention toute particulière au vignoble. Dans les chais, tonneliers et maîtres de chais ne ménageaient pas leurs efforts et prodiguaient les meilleurs soins aux vins blancs et rouges, très prisés des marchands picards, anglais et flamands. Chaque année, plusieurs dizaines de barriques de vin rouge de La Louvière étaient ainsi embarquées sur des navires en direction de l'Angleterre ; les blancs partaient vers le Nord de l'Europe. Au XVIIIe siècle, les vins produits par les Chartreux étaient parmi "les plus excellents qu'on puisse boire dans tout le royaume". Maîtres de La Louvière pendant près de deux siècles, les Chartreux en furent dessaisis au moment de la tourmente révolutionnaire.

En novembre 1789, l'Assemblée Nationale confisqua les biens du clergé. Déclaré "Bien national", le domaine de La Louvière fut mis en vente au printemps 1791. Le vignoble s'étendait alors sur une quarantaine d'hectares. Les enchères furent remportées par un négociant bordelais, Jean-Baptiste Mareilhac. A la tête d'une des maisons de négoce les plus prospères de Bordeaux, Jean-Baptiste connaissait bien La Louvière dont il exportait une partie des vins vers Saint-Pétersbourg. Cette propriété était donc pour lui un très bon investissement.

La famille Mareilhac présida à la destinée du domaine pendant une grande partie du XIXe siècle. Alfred Mareilhac, petit-fils de Jean-Baptiste hissa le vignoble de La Louvière parmi les vignobles les mieux tenus du département et obtint pour ces fabuleux résultats une "médaille d'or" décernée par le Ministère de l'Agriculture en 1869.

En 1911, Alfred Bertrand-Taquet, parisien d'origine, actionnaire de la "Revue Vinicole" acheta le domaine et en assura la gestion jusqu'en 1944. Il fut élu maire de Léognan en 1919 et le resta jusqu'au lendemain de la seconde guerre mondiale. Victime de l'absentéisme de ses propriétaires, La Louvière joua par la suite,les belles endormies pendant plus de quinze ans.

Enfin, en 1965, André Lurton, viticulteur originaire de Grézillac tomba sous les charmes de La Louvière et s'en rendit acquéreur. Les années qui suivirent, virent ce domaine retrouver peu à peu son prestige d'antan... La demeure fut entièrement restaurée et le vignoble reconstitué...

Suggestion gourmande

A carafer 3 heures avant de le servir, à servir à une température de 16-18°

Les viandes rouges de bœuf comme le filet, l'entrecôte, la côte charnue seront bien sûr sublimées par ce vin, mais aussi les pigeonneaux rôtis, dès aujourd'hui et pendant une vingtaine d'années

Boire à partir de Apogée Boire avant
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