Château Ducru-Beaucaillou 1995

Château Ducru-Beaucaillou 1995

Rouge

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Cépage

70 % Cabernet Sauvignon, 25 % Merlot et 5 % Cabernet Franc

Commentaires de dégustation

Robert Parker - 94/100
"Plus épanoui et plus accessible que son cadet d'un an, le 1995 présente une robe d'un rubis-pourpre soutenu, préludant à un nez absolument renversant de myrtille, de framboise et de cassis, auqeul se mêlent des notes de minéral et de fleurs, ainsi que de subtiles touches de chêne neuf grillé. Exactement comme le 1996, ce vin doux et riche en milieu de bouche (du fait de sa maturité et de sa richesse en extrait, et non d'un éventuel taux de sucre résiduel) déploie ses arômes par paliers, manifestant de la tenur et une belle précision dans le dessin. Ses tannins et son acidité ne sont nullement gênants. Un grand classique, irrésisitible, à ne pas manquer !"

Présentation

Le Château Ducru-Beaucaillou est ainsi nommé à cause des beaux (et gros) cailloux caractéristiques de son terroir viticole unique. Cet écosystème d'exception permet de produire des vins fins, élégants, succulents, dotés d'une grande longueur en bouche; en somme, des vins archétypaux de Saint-Julien.

Perché sur un site au terroir exceptionnel donnant une vue imprenable sur l'estuaire de la Gironde, posé au milieu d'un parc centenaire, Ducru-Beaucaillou est un château majestueux, de style victorien devenu au fil du temps un des grands symboles du Médoc.

De manière originale à Bordeaux, il est bâti directement au dessus des chais à barriques ce qui permet à ses propriétaires qui l'habitent effectivement depuis plus de soixante ans, d'être baignés en permanence dans les somptueux arômes de leur vin.

La propriété est aujourd'hui gérée par la société Jean Eugène Borie SA qui appartient à Madame Borie, sa fille Sabine Coiffe et son fils Bruno-Eugène qui la dirige depuis 2003 et représente la 3ème génération Borie à la tête du domaine.

Il existe des liens étroits et très profonds entre ce domaine et les cinq familles qui en ont été les propriétaires successifs :
- La famille Bergeron
Le domaine remonte au tout début du XIIIème siècle. Propriété de la famille Bergeron depuis 1720, il obtint rapidement une belle réputation en France comme à l'étranger, au point d'accueillir dès cette époque des visiteurs scandinaves : les Archives municipales de Bordeaux datant de la révolution montrent qu'une épée et un pistolet ont été confisqués par les autorités à des Suédois de passage au château à ce moment là.

- La famille Ducru
La propriété fut vendue en 1795 à Bertrand Ducru qui ajouta son nom à celui du château qui devint dès lors « Ducru-Beaucaillou ». Ducru confia à l'architecte parisien Paul Abadie la rénovation de la demeure. Celui-ci la transforma en une « chartreuse » de style Directoire ajoutant un étage et une élégante façade qui fait face à l'estuaire de la Gironde côté Est, là où l'intense trafic maritime du 18ème siècle offrait le spectacle d'une toile marine toujours animée.

Bertrand Ducru fit d'énormes investissement dans le vignoble sur les chais : il en fut récompensé lorsque le Château Ducru-Beaucaillou fut classé second cru dans le classement des vins de Bordeaux en 1855. La fille de Bertrand Ducru, Marie-Louise, épousa Antoine Ravez, fils d'un célèbre avocat bordelais qui fut député de 1816 à 1829 et secrétaire d'Etat. La légende veut que lorsque M. Ravez fut président de la Chambre des députés, il remplaça le traditionnel verre d'eau des orateurs par du Ducru-Beaucaillou pour faire honneur au vin de sa belle-fille.

- La famille Johnston
En mars 1866, après avoir été pendant soixante et onze ans propriétaire de Beaucaillou, la famille Ducru vendit le château pour un million de francs à Lucie-Caroline Dassier (1841-1876), l'épouse du célèbre négociant en vin et faïencier bordelais Nathaniel Johnston (1836-1914).
Johnston était l'héritier de l'affaire familiale créée par son ancêtre Guillaume, arrivé à Bordeaux en 1743. Ecossais issus de la famille d'Hartfeld, les  Johnstons, Marquis d'Annandale, avaient émigré d' Irlande en 1640.

Nathaniel Johnston, brillant polytechnicien, avait une passion pour le Médoc (il en fut même député) et en particulier pour son village de Saint-Julien dont il fut maire de 1903 à 1908. Il construisit un temple protestant, un hospice et une crèche dans le bourg pour les familles de ses employés.
Epaulé par Ernest David, le régisseur novateur de la propriété, Nathaniel Johnston restructura le vignoble et les chais de Ducru-Beaucaillou. Il se lança dans diverses expériences sur les cépages ainsi que les maladies de la vigne. En 1878, il mit au point au château avec David un mélange de sulfate de cuivre et de lait de chaux appelé ‘bouillie bordelaise', un remède efficace contre le terrible mildiou qui affectait douloureusement le vignoble et qui fut très vite utilisé dans l'ensemble des vignobles du monde entier.

Deux ans après la disparition de sa première épouse, Lucie-Caroline, Nathaniel épousa la Princesse Marie Caradja de Constantinople (1845-1910), fille du prince Constantin de Turquie.
Désireux d'embellir Ducru-Beaucaillou à la hauteur de ses vins, ils firent appel à l'architecte Michel-Louis Garros, natif de Barsac en Gironde, élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, Grand prix d'architecture en 1887.

Garros érigea deux tours victoriennes sur les cotés nord et sud de l'ancienne chartreuse et la dota de deux ailes harmonieuses donnant ainsi une forme en U, plus majestueuse, à l'ensemble du bâtiment. Il repensa l'organisation générale du château et décora luxueusement l'ensemble des pièces de réception dans le style victorien.
Parce que l'exotisme était très en vogue à cette époque mais peut être aussi pour adoucir l'exil de Marie Caradja en terre médocaine un peu austère en hiver, Garros construisit une grande et belle serre le long de l'aile nord, sur le côté gauche de la cour d'honneur, en face d'une haie de somptueux camélias et parsema le parc de bosquets et palmiers.

Il conçut également sur la façade Est, un parc paysagé avec 3 niveaux de terrasses descendant progressivement vers la Gironde, où le gazon anglais et les parterres de fleurs laissaient progressivement la place à des essences rares de plus grande envergure et de feuillages complémentaires. Des petits jardinets originaux, équipés de charmantes folies étaient disposés à espaces réguliers le long des allées permettant aux promeneurs des haltes courtoises.

Un grand espace fut réservé sur le côté gauche du parc pour le jardin. Ceint de murs blancs recouverts de tuiles noires, supportant des poiriers en espalier et de treilles de raisins de table, il abritait les serres et châssis permettant la production des plants de fleurs pour le parc et de légumes pour le potager. Il y avait aussi un verger et même une cressonnière.

L'exploitation ne fut pas négligée pour autant avec la construction d'un remarquable bâtiment en fer à cheval abritant au rez-de-chaussée écuries, étables, garages et ateliers ; et à l'étage, les logements du personnel et les greniers à foin .
Ainsi magnifié, Ducru-Beaucaillou devint un site emblématique sur la D2, la mythique « route des châteaux » connue des amateurs de grands crus du monde entier.

Soixante-trois ans après l'acquisition du château, la crise économique obligea les Johnston, le coeur brisé, à vendre Beaucaillou en 1929. Ils gardèrent un profond et sincère attachement à cette propriété au point que la fille de Nathaniel Johnston et de la princesse Marie Caradja, Fannie Catherine Johnston qui était née à Beaucaillou, avait demandé à être enterrée, à sa mort en 1971, dans le cimetière de Saint-Julien pour rester à portée de vue de son château Ducru-Beaucaillou.

- La famille Desbarats
Johnston vendit à Desbarats, un négociant en vins Médocain qui avait épousé Mademoiselle de Burke issue d'une puissante famille Irlandaise. Après avoir tenté de combattre les conséquences catastrophiques de la crise de 1929, puis celle de la défaite française de 1939, après plusieurs mauvaises récoltes et des désaccords importants avec son gendre, Desbarats vendit Beaucaillou à l'issue de seulement douze années d'exploitation, à Francis Borie, un négociant en vins d'origine corrézienne, déjà propriétaire de vignobles dans la commune voisine de Pauillac.

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